L’allemand, c’est facile

Ce n’est pas de moi… C’est une histoire bien connue qu’une collègue allemande nous a envoyée…

L’allemand est une langue assez facile. Quiconque connaît le latin et est habitué aux déclinaisons l’apprend sans grandes difficultés. C’est ce que les professeurs d’allemand affirment lors de la première leçon. Ensuite on commence à étudier les der, des, den, dem, die. Et les professeurs de nous répéter que tout cela est logique – et  donc facile. Pour s’en rendre compte, regardons un exemple d’un peu plus près :

Vous commencez par acheter Le livre d’allemand. C’est un livre magnifique, publié à Dortmund, qui raconte les us et coutumes des Hottentots (en allemand : Hottentotten).

Le livre raconte que les kangourous (Beutelratten) sont capturés et placés dans des cages (Kotter) couvertes d’un écran (Lattengitter) pour les protéger des intempéries. Ces cages s’appellent en allemand « cages couvertes d’un écran » (Lattengitterkotter) et lorsqu’elles contiennent un kangourou, on dit de celui-ci qu’il est « Lattengitterkotterbeutelratten ». Un jour, les Hottentots arrêtèrent un assassin (Attentäter) accusé d’avoir tué une mère hottentote (Hottentottenmutter), qui avait un fils bête et bégayeur (Stottertrottel).

Cette mère s’appelle en allemand Hottentottenstottertrottelmutter, et son assassin Hottentottenstottertrottelmutterattentäter.

La police capture l’assassin et le met provisoirement dans une cage à kangourou (Beutelrattenlattengitterkotter), mais le prisonnier s’échappe. Les recherches commencent immédiatement. Soudain, un guerrier hottentot s’écrie :
– J’ai capturé l’assassin (Attentäter).
– Oui ? Lequel ?, demande le chef.
– Le Lattengitterkotterbeutelratterattentäter, répond le guerrier.
– Comment, l’assassin qui est dans la cage à kangourou couverte d’un écran ?, demande le chef des Hottentots.
– C’est bien cela, le Hottentottenstottertrottelmutterattentäter (L’assassin de la mère hottentote de l’enfant bête et bégayeur).
– Mais, s’exclame le chef hottentot, tu aurais pu dire tout de suite que tu avais capturé le Hottentottenstottertrottelmutterlattengitterkotterbeutelrattenattentäter.

Comme vous pouvez le constater, l’allemand est une langue facile. Il suffit de s’y intéresser…

À la source de la cible…

Parfois, calculer les tarifs en traduction peut être un véritable cauchemar, même pour les forts en maths. Aussi bien quand on reçoit une demande/remise de prix dans une unité différente de celle qu’on a l’habitude d’utiliser (ligne – de 50, 55, 60 frappes -, page – de 1000/1500 signes -, mot) que lorsque l’on reçoit une demande/remise de prix dans la même unité mais en langue source ou cible.

J’ai déjà parlé du premier cas ici, en mentionnant les excellents outils proposés par Fabio Salsi et Alessandra Mussi.

Par contre, la seconde hypothèse m’était encore relativement étrangère jusqu’à ce matin. Comme j’utilise Trados, je me base généralement sur un comptage des mots en langue source. Ce qui est nettement plus simple pour établir un devis. Parce que je ne sais pas vous, mais moi, je ne suis pas voyante et je ne peux pas deviner à l’avance combien de mots contiendra la traduction une fois terminée.

Je suis d’autant moins confrontée au problème que, quand, exceptionnellement, mes clients habituels décident de payer un certain travail au mot cible, ils ne me demandent pas de devis. Ils me signent un chèque (enfin, un bon de commande) en blanc, mentionnant seulement « mots en langue cible », et je facture tout simplement le nombre de mots de la version française, ce qu’ils acceptent sans sourciller (oui, je sais, ce sont des amours).

Je dois aussi avouer que facturer au mot « cible » me pose un problème (sans doute plus psychologique que déontologique) : souvent, plusieurs de formules permettent d’exprimer la même chose avec plus ou moins de mots, avec des nuances quasiment identiques et avec une même élégance ou un même niveau stylistique. Or, j’aime être libre de mes moyens d’expression et je n’ai pas envie de m’entendre reprocher d’avoir utilisé telle ou telle tournure plutôt qu’une autre, équivalente, plus économique pour le client (quoique ce ne soit jamais arrivé).

Trêve de toutes ces considérations qui vont finir par 1) me faire passer pour la traductrice la moins chère du monde (au moins), 2) rendre mon mari jaloux, 3) me faire enfermer dans un asile de traducteurs psychotiques. Revenons à nos moutons.

La grande difficulté de la conversion d’un tarif au mot source/cible réside dans le « foisonnement » (le facteur par lequel le nombre de mots en langue source est multiplié en langue cible). Même si le traducteur n’est pas trop « bavard » (hum), il existe de toute façon un foisonnement « naturel », propre à la paire langue source/langue cible. Le français, par exemple, utilise généralement beaucoup plus de mots que l’anglais, ou a fortiori l’allemand et le néerlandais qui sont particulièrement synthétiques. Il n’est donc pas rare que l’on trouve dans la traduction entre 10 et 15 % de mots en plus que dans l’original.

Mais comment déterminer si – en moyenne – on est plus près des 10 ou des 15% pour savoir quel pourcentage appliquer quand on prépare son devis ? Eh bien, c’est tout simple. Il suffit d’utiliser les tableaux et formules proposés par un collectif de traducteurs en licence « Creative Commons » sur ce site. Simple, efficace et rapide.

Que ferait-on sans tous ces collègues altruistes ???

Bon comme un bonbon…

Je viens de découvrir ce spot à la télé, et je ne résiste pas au plaisir de le partager avec vous… Pour les non-Belges et les non-francophones – qui risquent de ne pas comprendre grand-chose – il fait allusion aux différences lexicales entre le français parlé à Liège (en Wallonie) et à Koekelberg (en région bruxelloise)… Tout simplement délicieux…

 

Urban Dictionary

Voici une ressource bien utile pour nous autres, pôôôôôôvres traducteurs, qui devont parfois nous efforcer de comprendre – et de traduire – des expressions « inventées sur place » par les auteurs de nos textes source…

Céline Graciet (Nacked Translations) signale l’existence, dans son billet intitulé Jump the shark and jump the couch, du Urban Dictionary. « Urban Dictionary is a slang dictionary with your definitions. Define your world.« )

Pour consulter ce dictionnaire bourré d’expressions idiomatiques vieilles d’un quart d’heure, plusieurs options s’offrent à vous : une recherche sur le site, un abonnement au feed RSS, un abonnement par e-mail, un abonnement par téléphone… Vous n’aurez plus aucune excuse pour ne pas être à la page !!!

Jargon de traducteurs…

Nous autres professionnels de la traduction, nous avons, comme dans tous les métiers, notre petit jargon à nous. Ainsi, nous nous retrouvons parfois à faire du « proof » (pour proofreading, ou révision), du « copy writing » (un travail rédactionnel), des « LSO » (linguistic sign off, ou validation linguistique d’un produit fini), un « QA » (Quality Assurance, pour la procédure d’assurance qualité), des « cosmetic checks » (un contrôle « formel » qui concerne plutôt l’affichage correct du texte, par exemple dans l’interface utilisateur d’un programme informatique), etc., etc.

Hier, j’ai découvert une nouvelle spécialité… le « sanity check« *! Un contrôle de santé mentale ? De bon sens ? Mais… euh… je ne me permettrai pas de juger de la santé mentale ou du bon sens de mes collègues! (Me demander ça, à MOI???)

 

* Il s’agit en fait d’un dernier contrôle, histoire de vérifier l’exactitude et la cohérence de la traduction.