Dragon NaturallySpeaking

Je suis admirative. Imaginez-vous que je ne suis pas en train d’écrire ce billet mais bien de le dicter à mon PC. Ayant entendu parlé à plusieurs reprises de Dragon NaturallySpeaking, j’ai eu envie de tester ce programme. Pas plus tard qu’hier, je me suis donc offert la version de base du logiciel et je dois dire que je suis assez étonnée de son efficacité. Pourtant, à en croire mon petit mari, ma diction n’est pas toujours des plus claires. Je ne vous dis pas 1) le confort d’écrire son billet sans avoir à le taper ; 2) le soulagement pour les poignets ; 3) le temps gagné. Après un week-end studieux consacré à la traduction de manuels techniques, j’apprécie tout particulièrement le fait de pouvoir laisser mes doigts autour de ma tasse de café. Bien sûr ce logiciel exige une certaine prudence : en effet, bien qu’il fonctionne de manière très satisfaisante, il lui arrive régulièrement de louper l’un ou l’autre accord et l’un ou l’autre mot, surtout si celui-ci est prononcé hors contexte. Il n’empêche qu’à ce stade, je suis assez contente de mon achat. Je vous tiens au courant de l’évolution de la situation !

Chef, oui, chef!

J’en parlais avec une collègue il y a quelques semaines, et j’en ai encore eu la confirmation ce matin. En traduction comme dans d’autres domaines, trop d’instruction tue l’instruction. Enfin… Trop d’instructionS plutôt. Parce que de l’instruction, on n’en a jamais assez.

Prenez ce job sur lequel je devrais théoriquement être en train de travailler au lieu de bloguer éhontément. Le client, fort aimable au demeurant, tient à s’assurer que ses traducteurs ont vraiment TOUT ce dont ils ont besoin pour travailler et que TOUT, mais alors vraiment TOUT, est clair dès le départ. Résultat: un mail de quatre pages contenant les informations les plus diverses, avec des redites, un fichier d’instructions générales de 41 pages, une soixantaine de glossaires au dernier comptage (mais il ne cesse d’en arriver de nouveaux), un manuel d’assurance qualité de 23 pages avec sa check-list, un guide de style interminable et une cinquantaine de petits fichiers d’une page ou deux avec des instructions spécifiques pour les divers types de documents et sections des documents.

À ce stade-ci, je n’ai plus qu’une seule certitude : ça va mal se passer. Forcément. Non pas parce que j’ai la capacité de concentration d’une drosophile quand je lis des pages et des pages de consignes plus ou moins (in)utiles, mais parce qu’il y a tout simplement trop d’informations pour qui que ce soit, même après un week-end à la mer et par ce beau soleil qui promet de rester toute la semaine. Trop is te veel, comme on dit ici.

En dehors même des aspects « temps » et « argent » évoqués – à juste titre – par ma collègue, donner trop d’instructions est parfaitement inutile. Pire, c’est même un excellent moyen de gâcher une traduction. D’une part parce que le traducteur ne va – forcément – pas pouvoir toutes les retenir et donc les appliquer (reste à voir si celles qui survivront seront les plus pertinentes) et, d’autre part, parce que ça suscite, chez le traducteur 1) un sentiment d’impuissance totale, 2) une impression assez désagréable d’être « attendu au tournant » par son client.

Alors, pensez-y : si vous avez des consignes particulières pour un travail de traduction, essayez de les intégrer dans un seul document clair et concis d’une page ou deux. C’est la seule solution pour réellement faciliter la tâche du traducteur mais aussi pour garantir de bonnes relations avec celui-ci et un travail de qualité. Soyez sûr que, si vous faites appel à un vrai professionnel, il connaît déjà les consignes générales comme les règles de la grammaire française – ou en tout cas, il devrait (mais c’est un autre débat !).